v u . d ' i ç i

Complètement...

malade.


Novembre, à la frontière de l’hiver imaginaire, nous offre nos premiers flocons d’émois en compagnie d'Humex et Drosétux.


En passant par la Lorraine,



Week-end lorrain qui fait du bien.
Les visages sont identiques, mais les lieux différents, l’après communication visuelle a quelque chose d’un peu étrange, comme si tout s’était arrêté trop brutalement. J’aurais presque eu envie que ça continue finalement, en différent.
On se disait l’autre jour que toutes les semaines devraient se dérouler en workshop avec des artistes. J’y ajouterais bien des week-end découvertes/retrouvailles aux quatre coins de la France. Du plaisir qu’ils disent tous.
Des Vosges à Nancy, de Nancy à Metz, jusqu’au Luxembourg et Amnéville. Retrouvailles sans compter les kilomètres, autour de quelques verres, quelques flashs, et quelques lunettes shutter shades aussi. Entre chouettes découvertes et drôles d’imprévus, juste merci pour tout.



Tranche de cake



Beaux-arts, je ne compte plus les semaines.
L’école est fourmilière. Ce soir, le quai est en fête.
Je ne suis pas certaine d’avoir encore trouvé ma place. Je suis juste là, parmi tant d’autres.
En salle info, c’est heure de pointe, 30minutes de délais pour pouvoir imprimer. A droite ça scie des planches, à gauche ça dessine sur les murs. Tout le monde cours dans les couloirs. L’école toute entière vibre à l’unisson. Le temps défile si vite, entre le stress et l’euphorie.

Le soirée fut découverte, celle de l’école sous un autre visage. Une semaine de production toutes années confondues et en compagnie d’artistes invités, s’expose sur les murs blancs. Je suis très agréablement surprise. Aurais-je sous estimé l’école ?
Suite et fin au Nouma’, pour un concert expérimental, pôle Sonic, design sonore, la grande fierté de l’école. Quelques jolis passages, et les tympans qui n’en mènent pas large, le tout saupoudré de déhanchés mixés rock-electro. Parfois, je me fais violence.

Vous reprendriez bien une tranche de quai?

Tanière

J'avais oublié.
Maintenant c'est habité.

J'aime



La nouvelle, très belle médiathèque André Malraux et la magnifique mais pas très lisible signalétique de Ruedi Baur ( mais qu'on s'y retrouve quand même enfait, parce qu'on s'en fou de lire le texte complet faisant office de motif graphique, enfait, oui ).

Chez moi



Beaux-arts, Mulhouse, semaine 3. Je vais bien tout va bien.

Bon, ça y’est, ici c’est chez moi.
J’habite en centre ville, je fais mes courses à Monoprix, à 20 pas de chez moi pour encore une semaine seulement, mes voisins s’appèlent Etam lingerie et Paul et je squatte la Fnac d’en face dès que j’ai un moment de libre. Je ne manque de rien, H&M est même plus grand et plus chouette ici qu’à Stras’. Et puis parfois il y a une madame qui vient chanter du Edith Piaf sous ma fenêtre.

Le centre ville est petit, mais petit, c’est relatif à Stras’, voir à Paris.
Le centre ville est certes petit, mais encore suffisamment grand pour que je puisse m’y perdre.
Le centre ville est moins beau, moins grand, qu’à Stras’, bien évidemment. Disons que c’est juste mignon et pas aussi bétonné qu’on pourrait le penser, enfin, le centre uniquement…

Je fraude le tram 4 fois par jour parce que je suis trop fainéante pour marcher 10minutes jusqu’à l’école. Mon tram est jaune, parcouru à chaque station par une arche de Buren colorée et même designé par l’espagnol Perret.

Les feuilles rousses recouvrent le quai de l’école, l’école Le Quai et chaque jour de nouveaux jolis prospectus graphiques nous attendent dans le hall. Je connais enfin le plan de l’école par cœur, je me suis même faite à l’odeur de renfermé de la salle audio et aux gens qui se tapent dans les mains pour se transmettre des fluides invisibles dans le hall le lundi soir.
J’me sens à l’aise au milieu de cette population d’illuminés éclectiques.



Feuilles et Indices


Je n’aime pas avoir, ce manque d’entrain nécessaire au travail.
Je n’aime pas ce travail.
Les feuilles tombent dans les cours intérieures. On arrose les fleurs grâce à nos récipients en papier de fortune.
Les gens sont chouettes, ils étaient chouettes hier soir, ouverts, curieux, passionnés, à fond.
J’aime ça.
Mon film suédois m’attend. Je n’ai pas le temps nécessaire à lui accorder.
Le travail qu’on m’a donné est long, fastidieux, certes ouvert, mais juste trop.
"Fainéante comme une vraie graphiste" qu'on m'a dit pendant mon stage.



Les indices du sol. Session 1.


En vie






Beaux arts, semaine 1. Et si on faisait une liste ?
La liste des choses qui. Des choses qui quoi déjà ?
Des choses qui me font pleurer : les choix, voilà. Les choix c’est difficile, je n’aime pas les choix, je les déteste. Paraîtrait que c’est génétique. Dans la famille, on ne sait pas faire de choix. Je suis bien la fille de ma mère. Ma vie est pavée de difficiles décisions : acheter ce pull H&M en rouge ou en vert ? Un terrible dilemme vous imaginez bien.
Bon, ok, stop à la prise de tête, il s’agit de profiter, il s’agit de progresser, et surtout d’arrêter de continuellement loucher sur l’ordre pré-établi des choses et sur les grandes idées reçues. La jungle toujours. Mais je suis en vie.

Les beaux arts c’est différent, une différence de rythme, une différence de tout je crois. Ici, pas de sonneries, de cours entiers, de pauses à heure fixe, de profs et d’élèves à l’heure, ici y’a pas d’organisation, ici tu fais comme bon te semble, ici on t’explique pas grande chose, ici tu te débrouilles, ici tu es autonome, ici on tutoie les profs, on parle avec eux comme avec de vieux potes, on mange et boit dans les salles, ici on parle d’idées, de sens, on discute pendant deux heures de listes de courses, et toi ta liste de courses, elle ressemble à quoi ? tu la fais comment ? ici on avance lentement, peut être un peu trop pour moi, ici ils sont en retard sur nous, sur moi, mais ici on rabaisse les arts appliqués, alors que les 3ème année font « waw » devant nos boulots persos, ici c’est une autre façon d’étudier, ici il y a des workshops, des sorties, des voyages, des rencontres avec des artistes et des occasions de travailler avec eux, ici on a plein de matériel, ici c’est grand, grand comme des entrepôts vides ou l’on repeint chaque année les murs en blanc, ici dans la salle de design graphique il reste une trace d’un énorme crâne rose fluo, et puis ici de part et d’autre il reste encore de jolis dessins qu’on à certainement eu peine à effacer, ici aucune chaise n’est identique, toutes dépareillées, petit tabouret jaune, chaise de bar déglinguée, fauteuil de bureau en plastique, ici on se débarrasse des archives du CDI, ici on y déniche des merveilles : un livret réalisé par Di Scuillo en 1990, un autre des années 80, avec David Carson et compagnie. Ici, c’est un peu bizarre, mais au final ne serais-je pas moi-même également bizarre ?


Et t’as mal où toi ?

Moi j’ai mal là.

Les bleus de l’âme. Il y a toujours dans mes yeux, par périodes récurrentes, un trop plein de sensibilité salé dont je ne sais pas guérir. Les malaises adolescents, persistent et signent.
Mon âme est trop fragile. Mon âme se heurte contre tout, tout ce qui m’entoure. Mon âme est dénuée de carapace, mon âme est nue, et c’est bien la seule partie de mon corps ainsi faite.
Le bleu s’infiltre et s’immisce, me bouffe, me ronge, je ne dors plus, ne me lève plus non plus, je reste là à attendre le prochain train, ce voyageur souriant qui me tendra la main. Et pendant ce temps là, je dresse une armée de mouchoirs mouillés, rangés en rang sur mon parquet.

Sauf que, le lendemain, on se prend en main, on décide ne plus l’attendre ce train, mais d’avancer à pied, tout seule, comme une grande que je suis et que je dois me forcer à être.