v u . d ' i ç i

Pause



C’est l’instant ou l’on revient à la réalité.
Je baille et sous mes lunettes, mes yeux s’embuent. Les larmes sur mes pupilles décomposent la lumière des spots de la salle en de jolis faisceaux jaunes qui jaillissent de toute part. Je plisse les yeux, exit l’autofocus, pour percevoir un instant des cercles lumineux, flous.
J’ai le nez tout froid. Je m’enfuie dans mon keffieh, souffle, réchauffe, et embue cette fois ci mes lunettes. Je le regarde. Il m’imite.
C’est la fin du générique, la salle est vide, et nous sommes silencieux.



Marche accélérée, stop, pause. Pause.
Il y a le bruit des roulettes de ma valise sur les pavés de la ville. Puis un claquement de porte, l’alsace de bas en haut, dans ses habits d’automnes.
Le jardin s’est doucement endormi sous un ciel de coton gris. Les contrastes se révèlent, le vert, rouge, jaune et camaïeu enflammé. L’heure changeante me pousse à l’hibernation, roulée en boule sur mon grand lit, avec pour kit de survie : ordinateur, carnet, crayons, et flans au caramel.
Il y a Strasbourg qui s’illumine dans la nuit et la batterie de mon appareil photo oubliée dans la cambrousse. Strasbourg est toute neuve, je dépense sans compter, pour soulager mes complexes de fille banale. La plus belle jupe du monde, c’est moi qui l’ai.
Les repas sont préparés par papa/maman. Les chats ronronnent sur mes genoux. Il est même venu combler mes grasses matinées.
Play, les vacances, c’est pas fini, demain, je redescend.

Sacrilège




***



Instable


Découvrez Chinese Man!


L’instable se balade, funambule, penchant à droite, penchant à gauche. Je saute, d’humeur. Me barre. M’énerve. Jure et injure. Mais ne franchi pas le cap.
Je suis changeante, au moindre coup de vent.

J’ai encore jamais fait de vernissage.

Cette semaine j’ai fait deux vernissages.
L’art c’est la vie. Ou la vie c’est l’art. Des paroles qui sonnent creux, des paroles adolescentes.
Mais je m’en fou, je vibre de tout ça.
Les couleurs de Monet, le flou de Turner, les stickers de Basel, la scéno de la Kunsthalle, les moricettes de la filature, le cerf mécanique, les plantes folles qui envahissent le CRAC, et les chiens de Michel Blazy. Je vibre, je connais, je comprend.

Material manipulation




Expérimentation sur fond electro planante. Tourne en rond. Me morfond de mon moi-même. Pas assez-ci, peut être trop ça. Soleil sur joues rouges. Branches mortes et poussières de parquet. Il pleut des feuilles dorées dans le ciel matinal, le long du quai. Quai. Livres. Livres. Livres. Boulot. Logo. Typo. Vidéo. Dodo. Simplicité. La simplicité de me jeter sur lui au détour d’un couloir. Joues rouges toujours.

Qui à un gros marteau pour briser la carapace ?

J'aime



La nouvelle, très belle médiathèque André Malraux et la magnifique mais pas très lisible signalétique de Ruedi Baur ( mais qu'on s'y retrouve quand même enfait, parce qu'on s'en fou de lire le texte complet faisant office de motif graphique, enfait, oui ).

Chez moi



Beaux-arts, Mulhouse, semaine 3. Je vais bien tout va bien.

Bon, ça y’est, ici c’est chez moi.
J’habite en centre ville, je fais mes courses à Monoprix, à 20 pas de chez moi pour encore une semaine seulement, mes voisins s’appèlent Etam lingerie et Paul et je squatte la Fnac d’en face dès que j’ai un moment de libre. Je ne manque de rien, H&M est même plus grand et plus chouette ici qu’à Stras’. Et puis parfois il y a une madame qui vient chanter du Edith Piaf sous ma fenêtre.

Le centre ville est petit, mais petit, c’est relatif à Stras’, voir à Paris.
Le centre ville est certes petit, mais encore suffisamment grand pour que je puisse m’y perdre.
Le centre ville est moins beau, moins grand, qu’à Stras’, bien évidemment. Disons que c’est juste mignon et pas aussi bétonné qu’on pourrait le penser, enfin, le centre uniquement…

Je fraude le tram 4 fois par jour parce que je suis trop fainéante pour marcher 10minutes jusqu’à l’école. Mon tram est jaune, parcouru à chaque station par une arche de Buren colorée et même designé par l’espagnol Perret.

Les feuilles rousses recouvrent le quai de l’école, l’école Le Quai et chaque jour de nouveaux jolis prospectus graphiques nous attendent dans le hall. Je connais enfin le plan de l’école par cœur, je me suis même faite à l’odeur de renfermé de la salle audio et aux gens qui se tapent dans les mains pour se transmettre des fluides invisibles dans le hall le lundi soir.
J’me sens à l’aise au milieu de cette population d’illuminés éclectiques.



Wanted

Je suis à la recherche de photographies de montres au poignet de leur propriétaire. Si vous voulez vous prêter au jeu, envoyez moi vos photos ( en résolution correcte ), vu de haut avec votre montre et votre poignet ici : mygoldfishbowl[arobase]gmail[point]com.

( Je galère, aux beaux art, les gens ne portent pas de montres ).

Feuilles et Indices


Je n’aime pas avoir, ce manque d’entrain nécessaire au travail.
Je n’aime pas ce travail.
Les feuilles tombent dans les cours intérieures. On arrose les fleurs grâce à nos récipients en papier de fortune.
Les gens sont chouettes, ils étaient chouettes hier soir, ouverts, curieux, passionnés, à fond.
J’aime ça.
Mon film suédois m’attend. Je n’ai pas le temps nécessaire à lui accorder.
Le travail qu’on m’a donné est long, fastidieux, certes ouvert, mais juste trop.
"Fainéante comme une vraie graphiste" qu'on m'a dit pendant mon stage.



Les indices du sol. Session 1.