C’est reparti

Je ne sais plus très bien combien de nouveaux départs j’ai pris ici, beaucoup et à la fois peu quand on sait que ce blog existe depuis 12 ans. Oui douze ans.

Je me sens tiraillée entre mille envies comme toujours, persuadée que je suis capable de tout, mais réalisant que je n’ai malheureusement le temps de rien. Mais essayons.

J’ai pris cette dernière année beaucoup de recul sur cet univers virtuel, recul que je trouve salvateur et que je ne pourrais que recommander. Ne voyez pas cela comme quelque chose de vindicatif car je sais ô combien le vindicatif est proscrit de la bienséance qui règne dans l’univers des blogs. Je lisais ce matin l’excellente revue Nichons nous dans l’internet, intelligente et très bien écrite, qui me parlait de la désormais ambition première de toutes les jeunes filles de France et de Navarre de devenir un jour youtubeuse beauté. Bordel les mecs, je crois que cette fois on a vraiment pété l’internet. Sois belle, consomme et tais-toi. Je crois que je suis une vieille conne qui vient d’un temps que les moins de 30 ans – ou presque – ne peuvent pas connaitre… un monde où l’internet n’était que liberté, un monde ou l’internet n’était que créativité, un espace en friche encore très éloigné du grand méchant capitalisme, bouh.

Ceci étant dit, j’ai décidé de mettre de l’ordre par ici. On ouvre grand ses yeux, on nourrit sa petite tête et en avant toute.

J’ai déplacé mon blog de nom de domaine, au revoir c-dille.fr et tes 10 ans de bons et loyaux services. J’ai trié les archives, fait disparaitre certains textes et ajouté des mots de passe. J’ai toujours écrit ici mais je ne peux plus écrire ici. Alors on se concentre sur le reste, sur Paris et l’ailleurs, sur la musique et le cinéma, sur l’art, le travail, les héros du quotidien et tout ce qui vous illumine la tête et les yeux.

Et puisque cet espace reste mon blog, alors en total nombrilisme je vous laisse avec le moi de 28 ans, 2015 parce que ça faisait longtemps que j’avais pas montré ma trombine.

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Qui a bien grandit par rapport au bébé moi de 16 ans, 2003.

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Et les glaces.

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On m’a demandé, Noémie, quel était le meilleur moment de ton été? J’ai trouvé la question excellente et je n’ai su résumer l’été à un seul évènement. Je pourrais citer l’orage au loin, en Allemagne, contemplé sur le toit du Bastion, une bière à la main. Cette semaine passée à sérigraphier et à travailler en compagnie de J. Les conversations sur l’écriture avec R. au bord de la Seine. Le fait de s’allonger dans l’herbe sous les arbres du Baleapop enveloppées par l’air doux des nuits d’été. Danser avec Flavien Berger, ruisselants mais heureux. Danser, danser, danser, encore. Se baigner sous la pluie dans le lac de Pierre Percée. Et les parties de Yam dans la voiture embuée. Et puis il y avait ce film projeté sur un toit dans la nuit de Paris Paris. Les toits et ce sentiment de liberté. Les longues balades à vélo dans les rues vides. Les expositions avec M. Et les mojitos du café A. Les glaces et les salades de fruits. Les débardeurs dos nus. Ecouter Patrick Watson. Et la nuit. Et Strasbourg. Et puis Paris.

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Les expositions de l’été au Palais de Tokyo – Fou, fou, fou, jusqu’au 13 septembre.
Beauté Congo – Fondation Cartier – Beau beau beau, jusqu’au 15 novembre.

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Juillet

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Paris, juillet 2015.

Les mois d’étés reviennent avec leur lot de marqueurs temporels. La fin d’un cycle, le début d’un autre. Les étés se ressemblent sans jamais être tout à fait les même.
Le soleil dessine sur le bitume chaud les ombres dansantes de feuilles des arbres des grands boulevards. Elles se déforment délicatement au contact des peaux des passants. La chaleur écrase Paris comme elle écrase mes nuits. Allongée dans le ciel je me prélasse au milieu de pages de mots. Les boulimies littéraires. L’ensemble des connaissances qui s’offrent à moi semblent sans fin au point d’en devenir désespérantes. Orage au désespoir. Le ciel est clair et trouble à la fois. Chargé. Le temps, également. Je lis des histoires qui se déroulent dans Paris, entre Châtelet et Vincennes, entre Ménil et Belleville, langage codé pour géographies familières. J’achète des crèmes glacées et je fais des salades de fruits. Des salades de rêves et des rêves de fruits. Au petit matin, lorsque l’écrasante chaleur s’estompe enfin, les premiers rayons du soleil se reflètent dans les fenêtres de l’immeuble d’en face et tracent sur mon mur blanc, un rectangle de lumière, échoué sur ma peau et mes draps. Ils dessinent en ombres chinoises les courbes de mon corps. Il est 5 heures Paris s’éveille et la lumière qui émerveille. L’été c’est ça, le temps au ralenti. Et le vélo sous la pluie. Le vélo, comme une révolution strasbourgeoise à Paris. L’ivresse de la vitesse, la liberté, j’avais oublié la liberté. Rien ne compte d’autre que la liberté, toujours, bis repetita, je tourne en boucle, achevez moi. Et l’ivresse donc.

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Et dans la chaleur écrasante du sous-sol de la Maroquinerie il y a Sebastien Schuller. Sa Heat Wave ne semblerait pas pouvoir tomber plus à propos tant la salle semble moite ce soir là. L’été est sans fin et Weeping Willow est en live. Dix ans plus tard, tu parles d’un marqueur temporel. Il y a des morceaux qui ne vous lâcherons jamais.

Encore.

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Lartigue est fort à propos lui aussi.

Lartigue disais « Je suis amoureux de la lumière, je suis amoureux du soleil, je suis amoureux de l’ombre, je suis amoureux de la pluie, je suis amoureux de tout. »

Je crois que tout est dit.

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Et Antonioni aussi. C’est la nuit, les déchirures silencieuses et insidieuses, l’amour, profond, l’angoisse, la séduction, le jeu, la domination et la beauté. Et ces contrastes noirs et blancs d’un sublime.

J’aime quand tout ce que je regarde, vois et lis, semblent raisonner en un grand tout commun d’une pertinence déconcertante et d’un accord parfait avec les temps présents.

Pour info : Lartigue, la vie en couleurs, c’est jusqu’au 23 août à la Maison Européenne de la Photographie et Antonioni, c’est jusqu’au 19 juillet à la Cinémathèque Française, et c’est très beau et très intéressant !

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